Grèce : Le Coup d’état des colonels

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Il s’agit d’un avatar des projets mis au point par la CIA pour contrer la subversion communiste dans un pays de l’aire atlantique, dont l’opérateur est le réseau GLADIO, qui s’illustrera en Italie, par des attentats meurtriers attribués aux gauchistes.

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L’existence de ces réseaux cachés, « stay behind » , selon la formule de la CIA, et leur objectif ont été confirmés par, Willam Colby, ancien directeur de laCIA dans ses mémoires : « Un homme honorable ». C.L.Sulberger, dans le New York Times, et Joe Alex Morris , dans le New York Hérald Tribune, attestent l’existence dès le 3 mai » dans des commentaires sur le rôle des services de renseignement américains.

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« Prométhée » avait été établi par l’Etat major de l’OTAN, (sous le commandement du général US, Lauris Nordstad , NDLR) , dans le cas d’une guerre contre un pays communiste, écrit Sulzberger.

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Il prévoyait l’arrestation immédiate des leaders communistes dans l’éventualité d’une telle guerre afin de contrer la subversion intérieure, ainsi que la prise en main des centres administratifs névralgiques et des centres administratifs et les communications pour éviter tout sabotage ». La Grèce est considérée,depuis 1945, comme un pion stratégique que le Pentagone redoute de voir lui échapper.

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Le GLADIO , compte dans ses rangs les colonels Papadopoulos, Makarezos et Pattakos. Les trois hommes liges de la junte qui doublent le roi, jugé trop faible, et ses généraux dans l’assaut contre une démocratie balbutiante mais intolérable pour les fanatiques anticommunistes.

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Le 27 avril, j’assiste à la conférence de presse du colonel Papadopoulos dans la salle de conférence du syndicat des journalistes. Il s’agit de mettre en garde la presse internationale qui ne cesse de harceler , depuis le premier jour, le porte parole de la junte en lui demandant chaque matin depuis le 21 avril,comment il justifie ce coup fasciste, ce qui finit par le laisser sans voix.

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Le chef de la junte ne prend pas des gants pour appeler les journalistes à se tenir tranquilles .L’expulsion d’une journaliste italienne, Luciana Castellina ( qui deviendra une fondatrice du « Manifesto ») et d’un confrère suédois donne l’exemple.

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Papadopoulos à qui on demande les preuves du complot communiste qui justifie le putsch, répond grotesque sous les rires : « nous en avons rempli les soixante six camions de trois tonnes ». Jamais le moindre grammes de preuves ne seront rendues publique.

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Plus candide, le colonel Pattakos reconnaîtra le 8 mai : « Nous avons fait le coup d’état pour éviter les élections ».

Fin août , Mikis Théodorakis , le musicien idole des Grecs, le créateur du Front Patriotique, est arrêté chez une amie caché dans le piano d’une amie chez qui il se cache.

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Il rejoint ses amis rue Bouboulinas ,où il retrouve le capitaine Lambrou, de la police politique , tortionnaire en chef .

Malgré les prisons, la torture, les camps de déportation dans les îles la junte ne pourra venir à bout de la Résistance.

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Le 3 novembre 1968 trois cent mille personnes suivent les obsèques de Georges Papandréou aux cris de « non au fascisme », »Liberté » , « Démocratie ».D’autres manifestations suivront , en 1972, en 1973.

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Papadopoulos manœuvre , abolit la monarchie, se proclame Président de la République à la suite d’un référendum Le 14 novembre de cette année là, les étudiants de la Polytechnique , au centre de la capitale , occupent leur établissement et s’y barricadent.

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Ils lancent des appels à des élections honnêtes sur les ondes de la radio qu’ils ont fabriqué. La voix devient célèbre d’une future dirigeante communiste, entendue dans tout Athènes.

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Un char, envoyé par Papadopoulos force les grilles de la Polytechique et les étudiants en sont chassés.

Le 25 , les plus durs de la junte écartent le colonel Papadopoulos et le remplace par le général Ioannidis.

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Un groupe d’hommes politiques de Droite et de généraux, décide de faire appel à Constantin Caramanlis exilé à Paris. A son retour, il s’engage à rétablir les libertés. Le 24 juillet, des centaines de milliers de manifestations de joie éclatent autour de la Place de la Constitution.

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le 25, les plus durs écartent le colonel Papadopoulos et le remplacent

Les prisons s’ouvrent. Le Parti communiste est légalisé .Le cauchemar s’achève.

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Jacques Coubard.

Lire : »Le livre noir de la dictature » .Recueil d’articles de Richard Someritis, Clément Lépidis, Aris Fakinos.

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Le Seuil 1969.

Mikis Théodorakis.

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Jacques Coubard. Julliard.1969.

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